Petit détour en Bolivie : le salar d’Uyuni

Les alentours de San Pedro de Atacama étant bloqués à cause de la neige, nous profitons de la proximité avec la Bolivie pour faire un tour au Salar d’Uyuni, le plus vaste désert de sel du monde. Mais le coin nous cache également d’autres jolis paysages. On enfile pulls, gants et bonnets et nous voilà partis !

Arrivée en Bolivie : le dépaysement !

Nous prenons un bus à trois heures du matin pour pouvoir arriver à midi à Uyuni, ce qui nous laissera largement le temps de faire le tour des agences pour trouver une excursion pour le lendemain. Manque de bol, s’il n’a que très peu neigé à San Pedro, la route est elle pleine de neige et le bus roule très lentement. On se retrouve plusieurs fois bloqués et nous arrivons enfin à Uyuni à vingt heures, crevés, affamés, assoiffés et avec un énorme mal de crâne, mélange de fatigue et de mal d’altitude. Hors de question donc de partir le lendemain.

Après une grosse nuit de sommeil, on se promène dans la ville. On se sent tout de suite dépaysés. Les gens sont très typés, en tout cas plus qu’au Chili. On retrouve les petits vendeurs de rue, perdus depuis l’Asie. Les femmes sont habillées en tenues traditionnelles, avec un petit chapeau. Et pour finir, on mange dans la rue pour trois fois rien. L’ambiance nous plaît très vite, même si la ville n’a vraiment rien d’exceptionnel. Le gros point négatif, en plus de l’altitude que Marlène supporte difficilement, c’est le froid ! Perchés à 3600m de haut, on sent bien que l’on est en hiver.

Il est quasiment obligatoire de prendre un tour organisé pour se rendre sur le salar. Mais nous avons quand même croisé des gens très très motivés qui le faisaient à vélo, malgré le froid glacial et le vent assez fort ! Les 4×4 ne pouvant accueillir que 6 personnes, nous sommes loin du gros bus organisé (et heureusement !). En faisant le tour des agences, mauvaise nouvelle : le Sud Lipez, abritant un parc national proche de la frontière avec le Chili est fermé. Nous ne pourrons donc pas rejoindre San Pedro de Atacama directement par cette frontière car elle sera fermée pour une durée indéterminée à cause de la neige. Les agences proposent en revanche quelques alternatives afin de compenser ce manque. Tant pis, maintenant qu’on est là ! Nous partons sur un tour de quatre jours : deux jours sur le salar (avec ascension d’un volcan), puis visite de la zone au Sud du Salar et le dernier jour, retour à San Pedro de Atacama, par la frontière au niveau du volcan Ollague (la zone partant de la laguna colorada jusqu’au sud étant fermée).

Petite carte pour ne pas vous perdre en route

Le Salar d’Uyuni

Le Salar d’Uyuni est une étendue de sel d’une superficie de plus de 10 000km² (100km sur 150km, rien que ça) ce qui en fait le désert de sel le plus grand du monde. Sa formation est due à l’assèchement d’un lac préhistorique, il y a 14 000 ans. Chaque année, on y extrait environ 25 000 tonnes de sel, ce qui est minime : les réserves sont estimées à 64 milliards de tonnes, l’épaisseur de sel étant comprise entre 2 mètres et 120 mètres.

La région est également surveillé par le gouvernement bolivien ainsi que plusieurs multinationales, car faisant partie du « triangle du lithium » (passant par le Nord du Chili et de l’Argentine), elle en concentrerait un tiers des réserves mondiales, soit 5,5 millions de tonnes simplement pour ce salar. Le lithium est utilisé comme composant des batteries électriques.

Durant l’hiver (janvier/février), il pleut beaucoup et le salar est souvent recouvert d’une dizaine de centimètres d’eau. Etant totalement plat, cela crée un immense miroir d’eau. Lorsque l’eau s’évapore, elle crée des formes géométriques ressemblant à des dalles.

Nous voilà donc partis pour deux jours sur le salar, en compagnie d’un couple de français et un couple de chiliens.

Le tour commence par la visite du cimetière de train, situé à proximité d’Uyuni et où s’entassent de vieilles locomotives.

Quelques kilomètres plus loin, nous y voilà ! C’est impressionnant, nous n’avons jamais vu une aussi grande étendue de vide. On ne voit pas l’horizon… un peu comme à la mer, sauf que l’on peut marcher dessus ! Le coin est bien connu pour les photos « fofolles » que les gens prennent et on s’est prêté au jeu !

Pour la pause déjeuner, nous nous arrêtons sur le monument qui a été construit (en sel bien sûr !) pour le Paris-Dakar de l’an dernier. A la fin du repas, nous apprenons que nous venons de manger du lama, et… ce n’était pas mauvais du tout !

En restant deux jours sur le salar, nous avons l’occasion de voir deux couchers de soleil et surtout un lever de soleil inoubliable avec la pleine lune. Dur de sortir de la couette avec le froid qu’il fait, mais ça en valait largement la peine.

Ici les bâtiments sont construits entièrement en sel ! Et oui, pourquoi s’embêter avec des parpaings et du carrelage ? Briques de sel, joints en sel et sel au sol. Le résultat est plutôt sympa.

Notre chambre, dans un hôtel tout en sel

Tout au Nord du Salar se trouve le volcan Tunupa, dont le sommet est à plus de 5000m d’altitude. On ne sait pas si c’est la croyance locale ou bien un conte pour enfant, mais l’histoire dit que le volcan Tunupa est le seul volcan femme des environs. Les autres volcans – masculins – étant tous amoureux d’elle. Un jour, Tunupa accoucha d’un bébé volcan et les hommes se sont disputés la paternité jusqu’à enlever l’enfant à sa mère. Cette dernière voit alors son lait se répandre pour nourrir son bébé… et paf, ça a créé le salar !

Nous voilà donc partis pour l’ascension de Tunupa. Malheureusement, nous pensions aller jusqu’au cratère, mais on se contente d’un point de vue (déjà très sympa) à la fois sur le salar et sur le cratère coloré. On passe aussi voir quelques momies, qui sont là « on ne sait pas bien pourquoi ».

C’est au pied de ce volcan que nous avons dormi dans un petit village. Nous pensions que le village était créé seulement pour les touristes, mais le guide nous a emmené vers des villages voisins abandonnés puis une petite ville. Il y a donc bien des gens qui habitent entre deux salars et au pied d’un volcan, le tout à presque 4000 mètres d’altitude !

Notre dernière étape au salar, une « île » entièrement recouverte d’immense cactus pouvant atteindre 12 mètres de haut.

Changement de décor : des lagunes, des cailloux et un canyon

Après ces deux jours plus blancs que blancs, nous changeons complètement de décor pour retrouver de la faune et de la flore. Enfin, on ne s’enflamme pas, on est encore loin de trouver du vert ! Nous allons de lagunes en lagunes en passant par des forêts de cailloux. On croise plein de lamas, de vigognes, de flamands roses… et même une autruche !

La dernière partie est un peu moins désertique, on aperçoit pas mal de champs de quinoa (maintenant on sait à quoi ça ressemble !) et notre guide nous emmène jusqu’à un canyon magnifique. On ne s’attendait pas du tout à ça !

Le dernier jour, après une nuit à -10°C, nous profitons d’une derrière lagune… la lagune noire qui pour l’occasion était complètement gelée ! Un peu comme nous d’ailleurs.

On se sera bien caillé, mais on en a aussi pris plein les yeux (et l’appareil photo). On quitte la Bolivie pour mieux la retrouver dans un peu plus d’un mois. On peut dire que cet avant goût nous a mis en appétit pour la suite !

4 commentaires sur “Petit détour en Bolivie : le salar d’Uyuni

  1. Merci pour toutes ces belles photos! Une fois de plus…
    J’adore votre nouveau pote Arthus le cactus.
    Continuez à nous faire rêver et publiez nous de vos nouvelles. On s’inquiète nous ici :(

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