Huaraz : petit tour dans la cordillère blanche

Après une vingtaine d’heures de bus, nous faisons une escale à Lima pour nous reposer et repartir en direction de Huaraz, au Nord, porte d’entrée de nombreux treks. Nous avons choisi les plus connus : le trek de Santa Cruz et une journée vers la lagune 69, dans le parc national de Huascarán. On fait les sacs pour quatre jours de randonnée en autonomie dans la Cordillère Blanche !

Arrivée à Huaraz : préparatifs

Nous voilà à Huaraz. Cette petite ville (130 000 habitants tout de même !) est entourée par plusieurs massifs montagneux, dont un assez fameux : la Cordillère Blanche. Beaucoup de randonnées sont possibles dans le coin, et nous avons choisi d’en faire une sur plusieurs jours, en autonomie : le trek de Santa Cruz. Ce dernier se déroule à une altitude dépassant les 4000 mètres, il faut donc être correctement acclimatés avant de se lancer ! Cela fait plusieurs semaines que nous sommes perchés à plus de 3000 mètres – voire jusqu’à 4600m pendant notre randonnée jusqu’au Machu Picchu–  donc ça devrait le faire !

Peut-être qu’on aura plus de place dans la tente que dans les lits péruviens ?

Comme nous ne passons pas par une agence privée, quelques préparatifs s’imposent : faire les courses pour manger, rassembler les informations nécessaires et louer des sacs de couchage. La dernière étape s’annonce un peu plus compliquée que prévu. Ici, les prix sont le double de ceux de Cuzco et on a un peu peur de la qualité. Les loueurs ont beau nous affirmer qu’il ne fait pas froid la nuit, on se méfie un peu (on a déjà froid dans les auberges, alors dans une tente à 4000m d’altitude…). On met donc le prix pour avoir des sacs trop lourds mais qui ont l’air chauds.

Concernant le parcours, nous avons pris des informations sur internet et au bureau du parc national de Huascarán. Si le trek est habituellement réalisé en quatre jours, en marchant de bon rythme il est possible de le faire en trois. Etant donné que nous avançons en général assez bien par rapport aux temps annoncés, on s’est lancé ce petit challenge. Au programme : 45km de marche, 1500m de dénivelé positif et 2300m de dénivelé négatif, le tout constamment au dessus de 4000 mètres d’altitude.

Nous apprenons également que la « lagune 69 », qui est en général une excursion proposée à la journée pour s’acclimater, est située sur la route du point de départ du trek. C’est donc pour la planète, pour le porte-monnaie et pour notre bien-être que nous nous épargnons six heures de transport en ajoutant une première journée à notre programme pour aller visiter ce fameux lac d’altitude.

J1 : La lagune 69

Pour s’y rendre, il faut prendre deux collectivos (minibus locaux). Nous mettons donc le réveil à 5 heures du matin et nous voilà partis en direction de la première étape. Le collectivo se remplit à la péruvienne : des passagers sont debouts dans le « couloir » et pourtant des nouvelles personnes montent. Le chauffeur se fait aussi plaisir sur la vitesse malgré le bip incessant qui signale qu’il a dépassé les 90km/h. On est un peu agacés de supporter ça jusqu’à…. ce qu’il s’arrête avec une sorte de panique à bord. Tout le monde s’assied où il peut : on vient de se faire arrêter par la police ! 5 minutes plus tard on repart avec un chauffeur énervé, une prune à la main. Ça nous fait bien sourire. :-)

Le départ se fait à une altitude de 3900m pour terminer au pied de la lagune, à 4600m. C’est de la montée jusqu’au bout et l’altitude se fait sentir. On y va donc tranquillement pour éviter d’être essoufflés tous les 10 mètres. On arrive en haut aux environs de midi, juste à temps pour notre pause pique-nique ! Quelques nuages masquent les montagnes tout autour, mais l’ensemble reste très joli. Parfait pour faire la sieste au bord de l’eau ! Dans les groupes des tours organisés, quelques courageux sautent à l’eau … chapeau parce qu’on voit l’eau couler depuis les glaciers au dessus, … autant dire qu’elle n’est pas chaude ! Pour notre part, nous n’avons pas quitté nos polaires, coupes-vent et bonnets.

Les groupes s’en vont progressivement et le calme arrive. Mais nous commençons à avoir bien froid et entamons la descente.

Arrivés en bas vers 15h30, il est temps de planter notre tente, au beau milieu de la vallée. Car dans ce parc national, même si certaines zones sont spécialement « aménagées » (un panneau et un peu d’herbe), il est autorisé de camper n’importe où ! Alors on ne se gène pas pour s’installer au bord d’un cours d’eau, tranquilles. On monte la tente, on s’étire et on a tout le temps de glander avant la tombée de la nuit. C’est d’ailleurs une bonne surprise pour nous car si pendant notre trek du Choquequirao il faisait nuit vers 17h30, nous avons désormais gagné une heure de jour !

Pas mal comme spot, non ?

J2 : Début du Santa Cruz : De Vaqueria aux lagunes de Morococha

Réveil frais mais beau !

Notre réveil sonne à 6h30 pour pouvoir attraper le premier collectivo. Et nous avons le droit à une petite surprise : la tente est gelée ! Le pliage n’est donc pas une partie de plaisir et on a les doigts complètement glacés (c’est qui qui a oublié ses gants ?). On se plante au bord de la route en attendant le collectivo (et les premiers rayons de soleil). Finalement un vieux bus passe et propose de nous emmener. Il est plein de mineurs, armés de leurs pelles et leurs pioches !

Ça y est, nous voilà au point de départ du Santa Cruz, à 10h15. De nombreux groupes sont déjà là, prêts à partir. On attaque vite la descente pour partir avant eux et avant midi, après avoir traversé plusieurs petits villages, on passe l’entrée du parc.

Les cuyes, une tradition ;)

On fait notre pause déjeuner au premier camping vers 13h, on a donc un peu d’avance sur les groupes qui le font en 4 jours (et heureusement !). Une bonne heure de pause pour faire sécher la tente et nous voilà repartis. La grimpette est rude et nous nous sentons vraiment fatigués : mélange d’altitude et de fatigue cumulée.

On arrive à un joli deuxième camping, mais il n’est que 15h40 et nous voulons avancer au maximum pour s’épargner les jours suivants. On grimpe encore en cherchant un spot décrit sur un blog. Mais lorsqu’on l’aperçoit enfin, on se rend compte que nous l’avons dépassé depuis trente minutes ! Hors de question de redescendre, mais il est déjà tard, il faut vite que l’on trouve un endroit où dormir… on prend le risque de continuer encore un peu et heureusement, on finit par trouver un peu d’herbe et de plat pour poser la tente. Il est plus de 17h, on est rincés ! On se dépêche de monter la tente et de cuisiner. Enfin, pour cuisiner, il faut de l’eau et nous sommes quasiment à sec. Heureusement, après une petite expédition et un peu d’escalade, Baptiste arrive à trouver une petite rivière qui s’écoule de la lagune.

Au bord du lac à gauche, le spot de camping que nous avons manqué
Ce soir, on cuisine à l’intérieur !

Le soleil est caché derrière les montagnes et il fait vraiment froid. Par contre, perchés à 4600m d’altitude, on a une vue superbe ! On aura pas le temps de beaucoup en profiter car la nuit tombe avant que l’on ait fini de manger. En se brossant les dents, Marlène aperçoit des yeux à la lumière de sa frontale. En grande courageuse, elle décide qu’elle ne sortira plus de la tente toute seule. Une demie-heure plus tard, couchés et prêts à dormir, on entend un animal tourner autour de nous, … puis grogner juste devant la tente ! On fait du bruit pour le faire fuir, et puis on s’endort en ayant un peu peur de se faire réveiller par un grizzly péruvien ! :-)

J3 : La plus belle journée : passage à 4750m et lagune d’Arhuaycocha

Ce matin c’est grasse mat’ avec un réveil à 7h. Il faut dire que l’on a bien avancé la veille. Par contre, la nuit a été dure : il a fait très froid malgré deux paires de chaussettes, pantalon, t-shirt, pull et polaire ! En plus, à 4600m d’altitude, le simple fait de se retourner dans son sac de couchage nous essoufflait. Mais la bonne nouvelle arrive peu après le réveil : DU SOLEIL ! C’est la première fois qu’il cogne sur notre tente aussi tôt et ça fait du bien. Déjà ça nous permet de dégivrer la tente, mais surtout, ça nous réchauffe !

Séance vaisselle pour se glacer les mains
Reflets dans la lagune
Pas mal la vue, non ? :)

La vue sur les montagnes est magnifique et on en profite ce matin. On part un peu avant 9h pour grimper en une demie-heure jusqu’au point le plus haut du trek : Punta Union, à 4750m d’altitude ! De la haut on a un point de vue à 360° sur les montagnes alentour et sur une belle lagune. Il faut dire que les sommets autour atteignent les 6000m de haut et d’un coup notre Mont Blanc nous paraîtrait presque tout petit ! Petit tour d’horizon : ici.

Et soudain, on aperçoit un renard ! Voilà très certainement le responsable des grognements de la veille : peut-être n’aimait-il pas que l’on dorme à côté de chez lui. Il n’est pas très peureux et se laisse prendre en photo.

Quand le premier groupe de touristes arrive de l’autre côté, il s’enfuit … et nous aussi ! On entame la descente jusqu’à un camping depuis lequel on a un premier aperçu sur le fameux Mont Artesonraju. Fameux, car c’est cette montagne qui apparaît sur le logo de Paramount, entouré d’étoiles.

On fait ensuite un écart (prévu) sur le trek pour aller voir la lagune Arhuaycocha. C’est un détour qui se mérite car il y a quasiment deux heures de marche et une bonne grimpette, mais la sueur en vaut la chandelle. Le chemin pour y aller est superbe et l’arrivée à la lagune également. On a une vue sur toutes les montagnes autour avec l’eau bleue turquoise en premier plan (pour la vidéo à 360° c’est ici !)

Au fond, la montagne « Paramount » !

Petite sieste au soleil

On restera une bonne heure à profiter… enfin sauf Baptiste qui s’est fait un petit aller-retour jusqu’au sommet pour récupérer la casquette que Marlène avait oublié en haut. Mais sans les 15 kilos dans le dos, en dix petites minutes c’était réglé :)

C’est l’histoiiiiire de la viiiiiiie ! (en zoomant bien ;))

Il est temps de faire demi-tour car encore une fois on veut avancer le plus possible pour s’épargner du chemin le lendemain. A l’aller, on a repéré un spot pas mal mais il est encore tôt et on se demande si on ne peut pas continuer encore un peu. On prend le risque d’avancer quitte à devoir marcher jusqu’à la nuit tant qu’on ne trouve pas. Par chance nous tombons sur une petite forêt avec beaucoup d’herbe (et de grosses bouses de vache), parfaite pour s’installer (entre les mines). Et nous avons bien avancé pour demain. Le pied !

Un lit douillet.. ou presque !

Jour 4 : La descente et le retour à Huaraz

Aujourd’hui, c’est une longue journée. Quasiment que de la descente mais tout de même 20km à marcher. Pas de panique sur le papier, sauf qu’il faut que l’on trouve un collectivo pour le retour et plus on arrive tard, moins il y en aura. On met donc le réveil à 6h15 et on est tellement gelés que l’on bat notre record de préparation et pliage de tente avec un départ à 7h20 !

La journée commence par une longue traversée de sable au milieu des montagnes, on se croirait presque dans un désert ! Puis on longe des lagunes et un cours d’eau pendant un long moment. C’est magnifique.

Nuit….. jour !

On fait une petite pause au bord du cours d’eau pour se reposer et on sympathise avec des jolies bêtes que l’on aura du mal à quitter.

Donald Trump serait-il passé au Pérou ??

On trouve de jolis spots pour s’arrêter déjeuner mais il n’est que 11h et on voudrait avancer encore une demie-heure. Manque de pot la suite du chemin sera juste de la descente avec aucun endroit agréable où s’arrêter. On se perche sur un gros rocher en plein cagnard pour faire sécher la tente et avaler notre sandwich, et on arrivera en bas à avant 13h… On n’avait prévu d’y être plutôt vers 15h30 donc on est contents.

Nous avons eu beaucoup de chance sur la suite. En effet, un couple de français que l’on avait croisé à la lagune nous a attendu pour compléter une voiture et nous n’avons pas du tout attendu. Nous avons enchaîné les deux collectivos super vite et on est arrivés à Huaraz avant 16h : inespéré, nous qui pensions arriver de nuit ! Ce qui nous a largement laissé le temps de prendre une bonne grosse douche, puis de retrouver les deux français autour d’une bière et d’une grosse pizza bien méritées !

Notre bilan sur le trek

Nous avions peur de faire le trek le plus touristique du coin et de nous retrouver entourés de groupes. Au final, ayant fait le trek en trois jours, nous n’avons pas doublé un seul groupe car nous étions toujours en décalé. Et comme nous avons passés nos nuits hors des campings, nous étions toujours seuls ! Encore une fois, notre décision de ne pas être passés par un tour s’avère être la bonne pour nous : une liberté totale, un challenge plus gratifiant, des économies, et aussi nous évitons de participer à l’exploitation des mules des agences : certaines portent une caisse en bois de chaque côté et une grosse bonbonne de gaz par dessus.

On comprend l’expression « chargés comme des mules » !

En résumé, encore une aventure qui restera dans nos mémoires. Physiquement, l’altitude nous a donné beaucoup plus de mal que l’on pensait, mais les paysages variés et tous plus magnifiques les uns que les autres sont un pur plaisir pour les mirettes :-). Nous sommes ravis de cette dernière grosse étape au Pérou. Maintenant, nous nous dirigeons vers la Bolivie en passant par le lac Titicaca !

3 commentaires sur “Huaraz : petit tour dans la cordillère blanche

  1. Jolies photos, joli récit ! Ca complète bien le premier aperçu que j’avais eu avec vos photos instagram ;)

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