La Paz et la route de la Mort

Quatre heures de bus après Copacabana et le lac Titicaca, nous voilà à La Paz, capitale administrative de la Bolivie. Du haut de ses 3650 mètres au dessus de la mer et entourée de montagnes recouvertes de neiges éternelles, cette ville toute en pentes a beaucoup à offrir : activités sportives (alpinisme, VTT, ..), marchés immenses et très particuliers, monuments datant de l’époque coloniale, etc. On compte bien en profiter !

Une capitale de plus ?

Officiellement, la capitale de la Bolivie est Sucre et non La Paz. Mais c’est surtout une histoire de titre car la première est la capitale constitutionnelle et l’autre la capitale administrative. Dans les faits, La Paz ressemble bien a une capitale : c’est une ville immense qui concentre beaucoup d’activités. Du fait de son altitude, elle possède aussi plusieurs records : capitale administrative, aéroport international et stade olympique les plus élevés du monde.

D’habitude, les capitales ça n’est pas tellement notre truc. Et bien La Paz … n’échappe pas à la règle ! On a trouvé la ville plutôt laide avec ses bâtiments en brique à peine terminés, bien trop grande pour s’y sentir à l’aise et trop agitée. Par contre, un système de téléphérique est présent pour éviter les foules et se déplacer simplement. Pour l’instant, 3 lignes sont ouvertes et 6 autres sont en construction ! C’est vraiment très pratique et très agréable pour monter sur les sommets aux alentours et avoir une vue d’ensemble sur la ville et les montagnes enneigées qui l’entourent.

photo piquée sur internet

A La Paz, on trouve aussi de nombreuses boutiques de souvenirs. Entre les flûtes de pan, les vêtements en laine d’alpaga, les tissus multicolores, les bijoux, et autres babioles, il y a de quoi faire. Il existe également une rue remplie de magasins de musique. Et ça tombe bien, puisque Baptiste a envie d’acheter un charango depuis plusieurs mois ! Cette petite guitare andine à 10 cordes qui était construite avec la carapace d’un tatou est vraiment typique des pays andins (Argentine, Chili, Pérou, Bolivie et Équateur). Heureusement, aujourd’hui ils sont plus souvent en bois ! Et du coup, après avoir visité quelques boutiques, on ajoute à nos bagages un beau charango, .. et une quena en prime (flûte andine). On fait aussi le plein de souvenirs, ce qui ajoute encore quelques kilos supplémentaires .. les sacs sont maintenant bien pleins !

Le ukulélé en fond, accompagné de ses deux nouveaux copains
On a hésité à acheter le fameux « sac de coquillages », élément indispensable pour jouer de la musique péruvienne dans le métro parisien

Une ville-marché

Car pour être agitée, La Paz l’est : les marchés sont partout. Il y a bien quelques zones couvertes bien définies, mais de manière générale tous les trottoirs sont envahis par des vendeurs de tout et n’importe quoi. Lorsque nous sommes arrivés on pensait que c’était « jour de marché », mais non, tous les jours c’est pareil et il devient rapidement assez pénible de se promener. D’un autre côté, ça a un certain charme de pouvoir acheter un petit queque (gâteau) par-ci, ou encore un salteña (empanada aux légumes, viande et bouillon) par-là, vendus par des caseritas (vendeuses de rue) en costume traditionnel. Et d’ailleurs on n’a pas forcément le choix puisqu’il n’existe quasiment pas de supermarché : tout s’achète dans la rue.

Nous sommes également allés visiter le marché d’El Alto, sur les hauteurs de La Paz. Après avoir pris un téléphérique on se retrouve vite perdu dans ces rues réputées pour constituer l’une des plus grandes « brocantes » d’Amérique du Sud. On y trouve de TOUT : des pièces de voitures, des meubles, des vêtements, de la nourriture, … le plus dur c’est de ne pas s’y perdre !

Outre ces marchés de rue et les marchés couverts classiques (dans lesquels on va prendre notre petit-déjeuner tous les matins !), on en trouve d’autres particuliers. Le premier et le plus connu, c’est le marché aux sorcières. Dans ces quelques rues, on peut trouver tout ce qui touche au spirituel et aux rites magiques traditionnels de la culture aymarane. Il ne faut ainsi pas s’étonner de trouver des potions et poudres magiques ainsi que tous les ingrédients nécessaires à leur préparation, des crapauds séchés, des objets pour faire des offrandes aux dieux, et bien sûr des fœtus de lama ! Ces derniers doivent être enterrés sur un terrain pour obtenir la protection de la Pachamama (Terre-Mère).

Le costume traditionnel bolivien

Déjà beaucoup rencontré au Pérou, le costume traditionnel est vraiment quelque chose qui apporte un charme fou à la Bolivie. Il est très porté par les femmes du pays, jeunes comme âgées, et est composé de :

  • Un chapeau melon noir ou marron en feutre
  • Une jupe à plis, la pollera, avec beaucoup de jupons pour donner de l’épaisseur (et faire un sacré popotin !)
  • Un châle avec de longues franges, le manta
  • Un haut en dentelle ou en laine
  • De petites ballerines
  • De longs cheveux coiffés avec deux tresses reliées au bout par des rajouts en laine en forme de pompons, le pocacha
  • Un grand tissu très coloré attaché autour des épaules, l’aguayo, qui sert de porte-enfant ou simplement de sac fourre-tout
  • Lorsqu’elles travaillent, elle portent généralement un grand tablier

A noter que selon les régions, le costume change légèrement. Par exemple à Sucre la jupe s’arrête au genou et les ballerines sont remplacées par des sandales. Dans d’autres parties du pays, le costume n’est simplement pas porté du tout (à Rurrenabaque par exemple, à l’entrée de la jungle amazonienne).

Nous évitons généralement de prendre les gens en photos mais ça n’est pas ce qui manque sur le net :

Route la mort

L’une des activités les plus proposées à La Paz, c’est de descendre la route de la mort en VTT. Toutes les agences la proposent, et nous avons rapidement été tentés !

Y’a plus qu’à !

La route des Yungas, surnommée la route de la Mort, est réputée pour être la plus dangereuse du monde. Elle tient son nom de sa dangerosité : sans revêtement, le long d’une falaise, par endroits à peine assez large pour laisser passer un véhicule, et toute en pente puisque ses 60 kilomètres partent de 4650 mètres d’altitude pour terminer à 1100 ! Il y a quelques années encore, 300 voyageurs par an y laissaient la vie, soit un véhicule toutes les deux semaines. Heureusement aujourd’hui, une route secondaire à été construite, et l’ancienne n’est plus vraiment empruntée, … à part par les VTT !

A droite, une falaise d’une centaine de mètres ..

Car avec un dénivelé pareil, le chemin de terre et les paysages changeants, la ballade promet d’être sympa ! Notre agence amène notre groupe de 10 personnes au point de départ en fin de matinée, et après avoir descendu une partie de la nouvelle voie pour se familiariser avec nos montures, on bifurque vers la fameuse piste. Et c’est parti pour plusieurs heures de descente, sans jamais avoir besoin de donner un seul coup de pédale ! En revanche les freins servent beaucoup pour esquiver les trous et les bosses, et éviter d’aller un peu trop à gauche pour finir … 200 mètres plus bas !

Marlène, raine du bitume

Le long de la descente, on croise de nombreuses croix, témoins d’anciens accidents. Nos deux guides encadrent le groupe, le premier dévalant à toute vitesse à l’avant, et le second fermant la marche. Nous, plutôt casses-cou, on essaye de suivre le premier ! Et Marlène s’impressionne, elle qui a habituellement un peu peur en VTT : elle reste collée derrière le guide ! :-)

Direction, la jungle !

Après cette activité, l’ensemble du groupe rentre avec le bus. Mais pas nous ! Bah non, nous sommes maintenant à près de 3 heures de route de La Paz, et justement en direction de notre prochaine étape : la jungle amazonienne, au nord. Du coup on quitte le groupe et on essaye de trouver un moyen de continuer jusqu’à Runrrenabaque, notre prochaine étape. En théorie, tous les soirs le bus de nuit passe par là …

Sauf qu’en discutant autour de nous, on comprend que ça ne va pas être aussi simple : le bus passe à une heure un peu inconnue, et est souvent plein ! On décide donc d’avancer jusqu’à la prochaine grosse ville, Caravani, pour le récupérer là-bas si des places s’y libèrent. Après avoir cherché un collectivo pendant une heure sans succès, on voit un camion s’arrêter, et on tente le coup : « Vous allez à Caravani ? Oui ? Parfait. On peut grimper à l’arrière ? » Et en échange de 20 bolivianos pour 2 (3€), on grimpe à l’arrière, où on découvre que nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée : une dizaine de boliviens sont installées là, avec leurs bagages !

C’est parti sur cette route qui commence après la route de la mort. Très vite, on comprend que les travaux pour remplacer la partie la plus dangereuse se sont arrêtés là : la route est toujours aussi défoncée et étroite. On saute de partout avec nos sacs, ce qui fait bien rire nos compagnons de route. Ici, le sens de circulation est inversé comme c’est le cas sur la route de la mort : on roule à gauche pour qu’en cas de croisement, celui qui monte ne soit pas côté falaise. C’est donc collés au précipice que l’on avance, en voyant régulièrement disparaître les roues gauches dans le vide.

On est pas bien, là ?

Arrivés à Caravani, le dos en compote, on apprend qu’il n’y a plus de bus pour ce soir, nous sommes obligés de rester ici jusque demain soir. Et ce bled n’est clairement pas prévu pour ça, et ça se voit : on visite les chambres d’hôtels les plus miteuses que l’on ait jamais vues ! Nous ne sommes pas très regardants, mais ici les limites sont franchies. Heureusement on finit par trouver une chambre passable. Autre malchance : demain c’est la fête nationale et aujourd’hui la fête de Caravani. Du coup avant de pouvoir monter dans un bus demain soir, nous allons nous taper des fanfares en continu ! Les boliviens aiment les fanfares, ça on l’a compris depuis qu’on est ici, mais là c’est un autre niveau ..

Après une nuit très courte (la fête se calme vers 4h du matin pour recommencer à 7h) et une journée à errer (il n’y a pas internet à l’hôtel, et à part regarder les fanfares il n’y a rien à faire ici !), nous voilà enfin dans notre bus de nuit en direction de la jungle. Sauf que c’est encore une fois 10 heures de trajet qui nous attendent, sur une route toujours aussi dangereuse et toujours sans revêtement, pour arriver à destination, complètement cassés, à 4h du matin ! Pfiou …

Pfiou, … après ce trajet qui restera dans le top 3 des pires du voyage, nous voilà à l’entrée de la jungle, et bonne nouvelle : il fait CHAUD ! Ca faisait longtemps que les shorts et sandales étaient confinées au fond du sac, il est temps de les libérer et de se reposer dans des hamacs :-)

4 commentaires sur “La Paz et la route de la Mort

  1. Génial !!! Euh vous ne ramenez pas un petit foetus de lama en souvenir ? Pour vous porter chance sur ces routes de l’extrême ^^ Aie aie aie la tête de Marloune dans le camion, vous deviez être bien accrochés !!! Aventure aventure !!!

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