A la découverte de la jungle amazonienne !

Changement total de décor : nous voilà à Rurrenabaque, dans l’Amazonie bolivienne. Nous partons découvrir les environs et commençons par quatre jours dans la jungle. Un programme plein d’aventures, de faim, de bestioles étranges et surtout de bons souvenirs !

Arrivée dans le bassin amazonien

Quand on pensait à la Bolivie, on avait l’image d’Uyuni, des hauts plateaux, du quinoa, des lamas et du froid ! Et quelques semaines auparavant on ignorait tout de ses autres trésors. Le bassin amazonien occupe le Nord du pays sur une très grande surface, laissant de belles opportunités de découvertes. Comme la majeure partie des touristes, nous avons posé nos sacs à Rurrenabaque (Rurré pour les intimes, Zuzzé avec l’accent local), petite ville au pied des montagnes et au bord du rio Béni.

A peine arrivés à Rurre on s’est fait la même remarque : on dirait le sud se croirait en Asie ! Il fait chaud, assez humide malgré le gros ciel bleu, il y a des deux-roues partout, on retrouve même les familles à quatre sur une moto. De plus, l’occupation principale du coin, c’est le hamac : un petit air de Mékong. On sort les shorts et en vingt minutes on fait le tour du centre ville : cet endroit va forcément nous plaire !

La ville est surtout une porte ouverte vers deux écosystèmes différents et accessibles par des excursions : la pampa pour voir plein d’animaux et la jungle pour se promener dans une végétation dense et hostile.

Il existe plusieurs formules pour visiter la jungle et après un petit tour sur internet, on se lance le défi de partir quatre jours en « semi-survie » : c’est à dire que l’on vivra avec ce que l’on trouvera sur place. Notre guide emmènera quand même du riz et de la viande séchée, au cas où nos talents de pêcheurs ne sont pas au rendez-vous. Nous emportons aussi, entre autre : une couverture, une moustiquaire (on aime l’aventure mais pas les moustiques), de l’anti-moustique et surtout : une machette ! On décide au dernier moment de prendre également des bouteilles d’eau, car l’eau de la rivière, marron opaque, ne nous attire pas beaucoup ! Une formule « survie totale » existe aussi, mais là tu pars seulement avec une moustiquaire, aucune nourriture ni eau et surtout, tu te fabriques sac, ton arc et tes flèches pour pêcher, parce que pêcher avec un fil et un hameçon c’est tricher ! Nous avons préféré la jouer « soft » et niveau aventure, ça nous a bien suffit !

Jour 1 : début de la galère !

On rencontre notre guide pour ces quatre jours : Lazaro, un jeune de 28 ans, natif de la région. Il a l’air sympa, ce qui nous rassure. L’aventure commence doucement par trois heures de balade en bateau pour arriver jusqu’au premier campement. En route, on fait une pause dans une communauté indigène, pour apprendre à faire du jus de sucre de canne. Avec un filet de citron vert, c’est vraiment bon (même si ça manque de rhum et de glaçons ;-) ) !

En route !
Du cacao ! Il est produit à partir des grains, mais la pulpe se mange également (pas grand chose à manger mais c’est bon)
De la cueillette au jus !
Mini cochon de compagnie

Arrivés au campement, on avale notre dernier déjeuner avant de nous enfoncer dans la jungle. Le chemin est plutôt tracé et on n’a pas besoin de jouer de la machette. En une bonne heure on arrive à un deuxième campement, plus sommaire, dans lequel est déjà installé un groupe de six personnes (avec guide et cuisinière). On continue encore un peu avant de s’installer nous aussi. C’est là que l’aventure commence : il faut fabriquer notre abri ! On coupe du bambou, des arbustes dont l’écorce nous permet de faire de la corde, on fixe des feuilles de palmier par dessus le tout et voilà un abri simple mais efficace ! On espère tout de même qu’il ne va pas pleuvoir parce qu’on a déjà testé ce genre de campement lors de notre aventure laotienne… et ce n’est pas très imperméable !

Lazaro, coca en bouche, surveille les travaux
L’écorce fait une corde incroyablement résistante
On ajoute l’indispensable moustiquaire, et c’est prêt !

Il est temps de passer aux choses sérieuses : la pêche ! Il fait déjà presque nuit. Ça ne nous plaît pas trop de pêcher dans le noir, mais on a bien envie de dîner. Lazaro nous donne à chacun notre fil avec un gros hameçon et surtout un énorme bout de viande séchée. On est sceptiques sur la technique utilisée, mais on n’a pas trop le choix. En quelques minutes on se retrouve envahis de moustiques. On commencerait presque à regretter notre choix d’excursion. Deux heures plus tard, pas une seule touche en vue… on arrête et on part se coucher (il n’est que 20h30 ). Lazaro, lui, part « pêcher » et reviendra à 1h du matin ! On est persuadés qu’il est parti manger et boire chez ses copains du camp d’à côté et ça ne nous plaît que moyennement… En plus, le groupe passera à plusieurs reprises devant notre abris, on est loin de l’image que l’on se faisait de l’isolement dans la jungle !

Jour 2 : « Tout vient à point à qui sait attendre »

La nuit s’est plutôt bien passée, mais on commence à sérieusement gargouiller. Rebelote, Lazaro nous donne notre fil de pêche et on est repartis pour une heure, en vain… Dépités, on retourne au camp, où notre guide nous a préparé petit-déjeuner de roi : une banane grillée chacun, du cacao en poudre dans de l’eau de rivière bouillie et … des larves de coco que l’on avait ramassées la veille. Grillées, ça n’a pas particulièrement de goût.

Chocolat chaud en bambou et bananes grillées
Et pour vous… plutôt crues ou grillées ?
« Un peu gluant, mais appétissant ! »
Les larves, tranquillement installées dans la graine de coco

On ne se sent pas vraiment reboostés, mais on espère que la pêche du jour sera plus concluante. Justement, aujourd’hui le programme c’est de s’enfoncer plus dans la jungle pour trouver un meilleur spot de pêche. Mais d’abord, il faut trouver des lombrics. Chose plutôt facile, puisqu’en une heure, on en a attrapé un paquet ! Espérons que ça fasse venir les poissons !

Dernier recours ?

Le chemin est bien plus étroit que la veille, ça ressemble plus à la jungle ! On arrive au bord de la rivière en milieu de matinée, pour retenter une nouvelle pêche. Et ce fut un nouvel échec : même pas une touche en une heure ! On a le moral dans les chaussettes, on a faim et on commence à se poser des questions sur le niveau de notre guide.

Lazaro décide de changer de lieu pour pêcher. On reprend la route, mais la jungle devient de plus en plus dense : c’est le moment d’utiliser la machette ! En chemin, on a le droit à un petit en-cas : cœur de palmier directement coupé dans l’arbre et en boisson : eau de liane ! Ce n’est pas excellent, mais ça a le mérite de se manger : il est midi et depuis 24 heures, nous avons mangé une banane et une larve.

1 – Abattre le palmier
2 – ne garder que le cœur, sur la pointe…. Et 3 – manger !
Et glou et glou !
Un nid de colibris !

Entre la chaleur, les moustiques et la faim, la marche est assez dure. On arrive en début d’après-midi au deuxième spot de pêche. Cette fois-ci, ça mordille un peu mais impossible d’en attraper un. On entend Lazaro crier victoire : un premier poisson ! Sauf qu’il se décroche de l’hameçon et retombe à l’eau. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a des poissons dans cette rivière : nous voilà rassurés. En une heure, il réussit à en attraper deux petits, mais insiste pour qu’on en pêche un troisième. Ça mord du côté de Baptiste ! Manque de bol, c’est une tortue, qui réussit à se décrocher toute seule. On n’est pas très fiers de nous… Lazaro nous précise que ça se mange ici mais face à nos gros yeux, il a compris que ce n’était même pas la peine de proposer. Le matin même il nous avait parlé des délicieuses omelettes d’œufs de tortues et avait reçu la même réaction. Deuxième chance pour Baptiste, cette fois-ci ça tire violemment. On se met à trois pour aider à remonter la bête : un immense poisson chat d’une dizaine de kilos  : nous sommes sauvés ! Le moral remonte d’un coup ! « C’est quand qu’on mange ??!!! ».

Victoire !

Lazaro accroche tout ça à un bout de bois et nous voilà repartis pour trouver un endroit où camper, en traînant notre butin dans la jungle. On a l’impression de tourner en rond et au final on marche pendant deux heures jusqu’à une plage où l’on va s’installer. On est à bout, cela fait presque trente heures sans manger, il fait chaud, on est fatigués, .. et pour des amoureux de la bouffe comme nous, c’est au dessus de nos forces ! Mais ce n’est pas le moment de relâcher : Lazaro allume un feu et prépare le poisson et de notre côté, après un bon bain dans la rivière, nous devons construire un abri. C’est parti pour de la découpe de bambou. En une heure on aura fait un abri beaucoup plus sommaire que la veille mais amplement suffisant.

Petit bain dans la rivière … censuré !

ON A FAIM !

Apparemment, on s’installe sur le chemin d’une maman jaguar et de son petit !

Maintenant, place aux choses sérieuses : du riz, du poisson grillé, du poisson cuit dans du bambou : on ne mange pas, on dévore ! Le poisson-chat c’est vraiment bon, on ne s’attendait pas à ça ! Le moral remonte. C’est le moment où Lazaro commence à nous raconter toutes ses histoires de personnes qui se sont perdues dans  la jungle. Il nous parle aussi de sa famille : son grand-père est chaman et est le premier natif à avoir emmené des touristes dans la jungle. D’ailleurs, lui même est en train de devenir chaman et nous raconte beaucoup d’histoires sur la Pachamama (terre-mère) et sur les esprits des plantes et des animaux de la forêt. Il parle beaucoup et on l’écoute silencieusement en dévorant notre repas. Les liens se créent, la tension se lâche et la soirée est vraiment bonne. Comme quoi, il ne nous faut pas grand chose : de la bouffe, et tout va mieux !

Jour 3 : le radeau pour un retour vers la normale

Ce matin, Lazaro est content de nous montrer les deux poissons qu’il a pêché pendant la nuit. C’était donc vrai ! Il va réellement pêcher pendant la nuit. Il nous impressionne un peu, il ne s’arrête jamais, est toujours à fond : il parle aux arbres et aux animaux,… Peut-être que la grosse chique de coca systématiquement installée sous sa joue qui le fait ressembler à un hamster lui donne de l’énergie. Sans compter qu’il boit l’eau directement dans la rivière… un vrai tarzan !

Au menu du petit déjeuner : pareil qu’hier soir et ça passe très bien ! On se goinfre encore de peur de ne pas avoir à manger pour la suite.

Sa pêche nocturne

Aujourd’hui, la mission c’est de construire un radeau pour rejoindre le premier campement. Machette en main, Lazaro abat des arbres et nous les déshabillons de leur écorce. Au total, onze arbres abattus : neuf pour le radeau et deux pour la corde. On ne s’attendait pas vraiment à ça dans un parc national. Et on ne nous avait pas vraiment vendu la chose de cette manière. Même si la forêt est très dense et que ce type d’arbre n’a pas l’air de peiner à pousser, le mal est fait… Lazaro nous dit qu’il se resservira du radeau avec d’autres groupes, mais on n’y croit pas trop. La tâche est tout de même assez rude, il fait très chaud et on est envahis de fourmis ! En deux heures, on a un superbe radeau dernier cri : on a même une petite table pour poser les sacs au sec.

Et nous voilà partis sur la petite rivière. On fait une autre pause pêche où Baptiste nous remontre ses talents de pêcheur en attrapant un saumon !

Des dizaines de carapaces de tortues dans un ancien camp indigène… Vestiges d’anciens festins

Trois heures plus tard, nous voilà au campement. On change un peu le programme prévu car ce soir, nous dormons dans un vrai lit, avec un vrai repas ! On est plutôt contents de ce changement parce qu’on est épuisés et que l’on repart en excursion le lendemain. Au programme : un bon déjeuner, une sieste dans un hamac et des discussions avec un ouvrier du camp, qui avait l’air plus motivé à discuter qu’à bosser ;)

La nuit tombe et les bestioles sortent. C’est le moment de faire un tour de nuit avec Lazaro, pour essayer croiser un Puma. On voit pas mal d’insectes différents dont … une énorme tarentule !!

Une jolie araignée
Un truc étrange sur notre lit
Scorpion qui fait le mort
Ceci n’est pas une feuille… mais un papillon !
Petit petit petit !
On adopte une tarentule ?
On avait dit dans la main !

D’un coup, un gros bruit surgit pas loin de nous. On éteint les frontales et on ne bouge plus. Un puma ??? D’après Lazaro, ça serait une sorte de biche… un peu moins exotique !

On rentre au campement où l’on s’effondre de fatigue.

J4 : Atelier bijoux et retour à Rurre

L’avantage de notre nouveau programme, c’est qu’aujourd’hui on se détend ! On fait une petite promenade autour du camp pour chercher des graines afin de fabriquer des bijoux. En route, Lazaro nous montre plusieurs plantes médicinales : une qui sent l’ail et qui sert de répulsif à moustique, une dont l’odeur débouche le nez, une autre qui permet de faire une sorte de plâtre pour réparer une fracture (on ne préfère pas la tester celle là), ou encore des plantes colorantes, etc.. Comme quoi la jungle peut à la fois te tuer et te sauver ! Il faut dire qu’on a croisé des insectes assez sympathiques pendant ces quelques jours et notamment beaucoup de fourmis, qui créent des vraies routes sur le passage. Mieux vaut rester loin car certaines provoquent une douleur équivalente à une balle de fusil lorsqu’elles mordent ! Encore une fois, on n’a pas voulu tester et on s’est contenté de ramasser nos petites graines.

Route à fourmis

Tels deux gosses bien sages, on a passé la matinée à fabriquer des colliers, bracelets et de belles bagues en coco… et on a adoré cette activité.

Le ramassage
De la graine à la bague
Tadaaaaaa !

L’aventure n’avait pas forcément bien commencé, mais elle s’est très bien terminée. On a adoré notre guide, qui était vraiment un passionné. On sait désormais que manger c’est la vie et que si Baptiste a été plutôt doué niveau pêche, Marlène seule serait morte de faim assez rapidement. C’est l’heure de rentrer à Rurre, où l’on a la soirée pour nous reposer laver nos vêtements et faire nos sacs pour le lendemain car nous repartons directement pour trois jours dans la pampa !

4 commentaires sur “A la découverte de la jungle amazonienne !

  1. Heureusement que j’ai pas lu cet article avant de me coucher, je suis sûre qe les photos de bestioles m’auraient empeché de dormur ;-)

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