« Perdus » dans la Pampa

Après nos aventures dans la jungle, il faut avouer que l’on est un peu fatigués. Et ça tombe plutôt bien, parce que l’autre activité très prisée à Rurrenabaque c’est de partir plusieurs jours dans la Pampa, ce qui est très différent. Au lieu de devoir marcher pour avancer, pécher pour manger et construire un abri pour dormir, on va plutôt devoir… poser nos fesses dans un petit bateau et regarder les animaux autour de nous !

La pampa kézako ?

Située à trois heures de route de Rurrenabaque, la Pampa est un biome constituée de plaines et de marécages avec une végétation assez basse. La rivière Yacuma qui serpente à travers cet environnement permet de s’y promener en bateau pour observer la faune. Et la faune, elle y est omniprésente ! Entre caïmans, oiseaux, rongeurs, dauphins, tortues, singes, lézards, piranhas … il y a de quoi en prendre plein les yeux.

On est chauds !

Pour s’y rendre, il faut passer par l’une des très nombreuses agences de la ville qui proposent des tours de plusieurs jours. Nous avons opté pour la formule la plus classique : 3 jours et 2 nuits. Après avoir rejoint la rivière Yacuma, on fait connaissance avec notre guide, José, et on découvre notre embarcation pour les jours à venir. Car l’essentiel de la visite se fait directement depuis une petite barque toute en longueur où peuvent tenir une dizaine de personnes. C’est avec cette embarcation que l’on rejoint notre lodge : quelques cabanes de bois construites au bord de la rivière où nous dormirons. Et c’est plutôt luxueux : lit double, douche privée (froide, certes), matelas confortable .. on est mieux installés que dans les hôtels où l’on séjourne habituellement ! Ajoutez à ça le fait que tous les repas sont compris et préparés par un cuisinier … et on obtient une formule plutôt luxueuse ! On va pouvoir prendre un peu de bon temps :-)

Notre « fenêtre » pour les 3 jours à venir

Des activités centrées autour d’un thème : la glandouille

Plusieurs activités sont organisés durant les trois jours, mais elles ont plus où moins un thème en commun : l’absence de sport ! On passe plus de temps à manger, regarder les animaux depuis le bateau ou faire la sieste dans les hamacs du lodge qu’à grimper des montagnes ou pécher pour notre survie. Et vous savez-quoi ? Ça n’est pas désagréable, pour changer ! :-D

Activité n°1 : ouvrir les yeux

L’essentiel du temps, nous sommes assis dans la petite barque et promenés par José qui navigue tranquillement sur la rivière. Et dès le début, nous avons compris qu’on allait pas s’ennuyer : il y a des animaux PAR-TOUT. Au début, tout excités, on mitraille de photos de tous les côtés, avant de ranger l’appareil photo pour simplement profiter.

Les premiers qu’on remarque, ce sont les caïmans. Certains se font dorer au soleil sur les berges, d’autres laissent dépasser le haut de leur tête et disparaissent dès qu’on approche, et on imagine que beaucoup d’autres sont au fond de l’eau, tranquilles. En tout cas, leur nombre est impressionnant. L’espèce qui domine est le caïman blanc, qui malgré ses plusieurs mètres de long est peu agressif. On peut l’approcher d’assez près sans qu’il ne bouge. Par moment, on croise leurs cousins : le caïman noir. Et là, c’est une autre histoire. Le guide fait beaucoup plus attention et plusieurs fois, en nous voyant arriver, le reptile de 3 mètres de long se précipite sur nous, créant une petite vague de panique sur le bateau. Mais après avoir disparu sous l’eau, plus rien ne bouge, heureusement !

Un caïman blanc

Nous sommes aussi allés faire un tour de bateau de nuit, en rentrant d’un coucher de soleil. Et à la lumière de nos frontales, on voit des dizaines de points yeux briller sur les berges : leurs yeux. Bon, le mauvais côté c’est qu’à cette heure là les moustiques sont de sortie, et c’est par nuages entiers qu’ils se promènent à la recherche d’un touriste à se mettre sous la trompe.

Les crocodiles, alligators, caïmans et gavials font partie du même ordre de reptile : les crocodiliens. Mais ils ne font pas partie de la même famille. On peut les distinguer via quelques traits physiques, ou avec leur répartition géographique. Les différentes familles sont :

  • Les crocodilidés (crocodile) : une tête plutôt fine et pointue, on peut aussi les reconnaître à la 4ème dent de la mâchoire inférieure qui dépasse quand leur gueule est fermée
  • Les alligatoridés (alligator et caïman) : un museau large et plutôt arrondi
  • Les gavialidae (gavial) : un museau très long, fin et assez rond

Les caïmans, que l’on observe en ce moment, ne sont présents qu’en Amérique centrale et Amérique du Sud.

Ensuite, il y a évidemment les oiseaux. Spatules rosée, jabirus d’Amérique, martins-pêcheur, aigrettes, cormorans, faucons, aigles, hoazins huppés (l’oiseau le plus ancien encore existant), hérons-tigre, etc. Il y en a dans tous les arbres, et sur les berges, souvent aux aguets en attendant qu’un poisson leur passe sous le bec.

Dans quelques arbres le long de la rivière il y a également des colonies de singes : des capucins. Il suffit de sortir une banane pour qu’ils se précipitent dans le bateau, nous grimpent dessus, et attrape le précieux butin. On peut en voir aussi des plus gros, mais ils restent plus à l’écart, perchés dans les arbres.

Et ça n’est pas tout ! On peut aussi observer des tortues, alignées sur des branches, des capybaras (plus gros rongeur de la planète), des paresseux (pour le coup nous n’en avons vu qu’un seul, de loin), …

Un capybara qui ne lâche pas des yeux les caïmans à quelques mètres de lui

Pèche aux piranhas

La rivière regorge de caïmans de plusieurs mètres de long, mais aussi de piranhas. Ce qui ne donne pas forcément envie de se baigner (et pourtant …) ! Pour attraper quelques-uns de ces fameux poissons très carnivores, il suffit d’accrocher un peu de viande rouge au bout d’un hameçon, de lancer la ligne et … c’est tout, ça mort instantanément ! Petite difficulté tout de même : les hameçons fournis par José sont beaucoup trop gros (peut-être pour éviter qu’on en pèche 10 à la minute). En tout cas nous sommes rentrés avec une belle brochette rouge pour amener à notre cuisinier.

Marlène, concentration extrême.
Trop facile !

A la dégustation en revanche, ça n’est pas transcendant. Il n’y a pas beaucoup de chair (beaucoup plus d’arrêtes !), et le goût n’a rien d’exceptionnel.

Recherche d’anacondas

Ah, une activité sportive ? Dans quelques marécages autour de la rivière vivent des anacondas. Ces grands serpents qui peuvent peser jusqu’à 200 kg vivent dans des zones humides qui leur permettent de nager et de chasser. Leur méthode de chasse est simple : ils attrapent leurs proies, les étouffent en s’enroulant autour d’elles ou les noient en les emmenant sous l’eau. Les plus grands sont quasiment impossibles à trouver : ils restent dans des étendues d’eau, en ne laissant dépasser que leur tête. En revanche les plus jeunes peuvent être trouvés en marchant dans les marécages.

José, bien décidé à nous trouver un monstre

On commence ainsi notre seconde journée en enfilant chacun une paire de bottes, et on se disperse dans les marécages en regardant par terre. Au bout d’une heure, pas de bol on a toujours rien trouvé, à part une mue et un squelette de 2 mètres. Le groupe commence à en avoir marre de patauger sans rien voir, mais nous, on veut continuer ! On insiste un peu auprès du guide et il accepte de chercher encore un petit peu. Et coup de bol, Baptiste repère un anaconda peu de temps après !

La mue

Après s’être frotté les mains dans la boue (pour nettoyer le produit à moustique présent sur la peau), on peut l’attraper en tenant bien la tête. Car même s’il n’est pas venimeux, sa morsure risquerait de nous faire un joli trou dans la main !

Baptiste, toujours heureux avec un serpent dans les mains

Nager avec les dauphins

Dans la rivière il n’y a pas que des caïmans et les piranhas. Aussi étrange que ça puisse paraître, il y a aussi des dauphins roses. Par contre on est loin de « Flipper », ceux-ci sont plutôt tout biscornus et pas franchement beaux. Mais ils ont une fonction assez étonnante : ils tiennent à l’écart les caïmans et les piranhas. Donc (en théorie), quand ils sont là, on peut aller nager tranquillement.

Le matin de notre dernière journée, on fait une petite heure de barque pour arriver à un point où ils sont assez nombreux. Et en effet, toutes les 30 secondes on peut en apercevoir un qui remonte à la surface pour respirer. Par contre on peut aussi voir un paquet de caïmans sur les rives !

Allez, on fait confiance au guide et on plonge à l’eau ! La baignade n’est pas désagréable car l’eau est bien chaude, mais en revanche les dauphins n’approchent pas beaucoup. Et à chaque fois qu’une barque passe ils disparaissent pendant quelques minutes, avant de revenir. En tout cas on garde un œil sur les caïmans sur la rive ! Coup de bol : ils sont restés tranquilles :-)

Marlène, toujours heureuse dans l’eau

Allez, on est bien reposés. Il est temps de reprendre la route jusqu’à Rurre où nous passerons une journée avant de retourner à La Paz. Une petite moto-taxi pour aller au terminal et nous voilà dans le bus. Bon, le trajet se passera assez mal (encore une fois) : à cause de la pluie on restera bloqué toute la nuit.. mais après 20 heures de bus nous sommes bien arrivés à destination, en évitant le ravin !

Chauffeur, direction la gare routière !

5 commentaires sur “« Perdus » dans la Pampa

  1. Vous êtes incroyables! En toute honnêteté, je n’aurais jamais osé faire un plouf…

    Merci pour toutes vos récentes mises à jour. C’est un vrai bonheur de suivre votre quotidien. Ne plus lire vos aventures me manquera énormément.

    Félicitations pour toutes les épreuves que vous avez surmontées, et un très très très grand merci d’avoir pris la peine et le temps d’écrire tous ces articles, d’une très grande qualité, et tous plus passionnants les uns que les autres :)

    Bisous et à très bientôt autour d’une fondue savoyarde :)

    François

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