Quelques jours dans la jolie ville de Sucre

Après un retour express à la Paz, nous prenons un bus de nuit jusqu’à Sucre, capitale constitutionnelle du pays. La ville est idéale pour se reposer. Après tant d’heures de transports, on en a bien besoin !

Arrivée à Sucre, bien loin de La Paz

Une douzaine d’heures de bus confortable sur une route impeccable : on avait tout pour reprendre des forces toute la nuit. C’était sans compter sur le froid glacial qui nous a empêché de fermer l’œil… On avait pourtant bien demandé avant si le bus était chauffé. Ce n’est donc pas dans la meilleure des formes que l’on arrive à Sucre, dans la matinée. Et pourtant, on ne se sent pas agressés par la ville. On réussit même à marcher sur des trottoirs jusqu’à l’hôtel, chose improbable à La Paz !

Sucre est la capitale constitutionnelle du Pays. C’est d’ailleurs dans cette ville, et plus précisément à la casa de la libertad, qu’a été signé le traité d’indépendance de la Bolivie. Lors de la visite de ce musée, nous avons appris beaucoup de choses sur la période de colonisation espagnole que nous n’avions pas vraiment vue jusqu’ici, mais également sur l’histoire de ce récent pays.

La cour du musée
La déclaration d’indépendance

La Bolivie appartenait à l’empire Inca jusqu’à la colonisation espagnole, où elle est devenue le Haut Pérou. Après 16 années de révoltes, elle obtient son indépendance en 1825 grâce aux armées de Simon Bolivar (mais pas que), qui donnera son nom au pays. Après une tentative échouée de regroupement entre le Pérou et la Bolivie (qui ne plait pas aux argentins et chiliens) la Bolivie s’enlise dans des années de guerres civiles et de conflits avec ses voisins. En 1884, elle perd son accès à la mer au profit du Chili, En 1903, elle perd une partie de son territoire au profit du Brésil et en 1935, c’est plus de 200 000km² et de nombreux hommes perdus contre le Paraguay. L’instabilité du pays se ressent  notamment dans la dernière pièce du musée, où sont affichés les portraits des 80 présidents de la République ayant gouvernés depuis 1825 ! (A titre de comparaison, en France, Jupiter Macron est le 25ème président de la République depuis 1848).

Juana Azurduy, cheffe militaire à l’histoire tragique

Après l’indépendance de la Bolivie en 1825, Sucre devient la capitale du pays. En 1899, ses habitants perdent la guerre civile, ce qui cause le transfert du gouvernement à La Paz. Sucre perd ainsi le pouvoir exécutif et législatif, mais reste la capitale constitutionnelle et conserve le pouvoir judiciaire en abritant la Cour Suprême. S’il y a désormais deux capitales du pays, c’est Sucre qui reste l' »officielle ».

La Bolivie est le pays où il y a le plus d’indiens d’Amérique latine (les deux tiers de la population se considèrent comme tels), répartis dans 36 ethnies différentes. Les deux plus connues sont les quechuas et les aymaras (dont est issu l’actuel président Evo Morales). De  l’Alti-plano à l’Amazonie, il n’y a pas que le décor qui change ! En effet, si la langue principale est l’espagnol, la constitution de 2009 reconnaît désormais 37 langues officielles (dont l’espagnol). Cela représente une grande avancée pour les communautés indiennes qui voient également reconnaître leurs médecines et leurs traditions.

Le Wiphala complétant le drapeau Bolivien pour représenter les ethnies des Andes

Nous n’avions pas aime La Paz, mais Sucre nous plait directement. La ville est calme, il y fait beau et le centre ville possède une belle architecture coloniale, avec de nombreux monuments peints en blanc.

Les zèbres sont là pour faire de la prévention sur la sécurité routière… et taper la pause :)
On aime bien les zèbres :)
La tour Eiffel… on est presque à la maison !
le cimetière bien optimisé
La tombe d’un fameux musicien de Sucre

Sucre a beau être une ville plus bourgeoise que le reste du pays, elle donne aussi un triste spectacle de pauvreté à chaque coin de rue, avec beaucoup de mendiants qui passent leurs journées là : des enfants d’à peine une dizaine d’année qui font des dessins à la craie sur le trottoir, ou des vieilles femmes toutes ridées qui tendent leur chapeau quand on passe.

Le marché de Sucre

On en a vu des marchés en Amérique latine, mais certains resteront de meilleurs souvenirs que d’autres. Si notre chouchou reste le marché de San Blas à Cuzco, celui de Sucre nous a bien plu aussi. On y retrouve le traditionnel alignement de stands de jus de fruits frais mais cette fois avec l’option énorme salade de fruit avec plein de crème chantilly.

Comment choisir la bonne ?
5 fruits et légumes par jour… mais surtout de la crème !
Avec un peu de manjar (confiture de lait), ça passe tout seul !

A l’étage on trouve les stands de nourriture où l’on peut déjeuner.  On est surpris par les plats proposés car pour une fois, ça change : ici, c’est viandes en sauce… avec riz (ou nouilles) et patate, forcément ! Tout le monde vend à peu près la même chose et l’objectif la première fois est de repérer notre Mamita pour les prochains jours. Marlène montre du doigt un plat en demandant si c’est très épicé et la réponse de la vendeuse « Nooooo Mamita ! » le tout en nous tendant une cuillère pour goûter nous a convaincu : c’est elle ! Les plats ne sont pas particulièrement raffinés, mais c’est meilleur que ce que l’on mange d’habitude et toujours pour un prix dérisoire (1,20€ !)

Notre stand « habituel »
Nos festins

Par contre, gare à celui qui lui fera des infidélités ! Après avoir mangé chez elle trois jours, on a décidé d’aller chez la concurrente en face pour manger un plat différent… On a eu le droit à une petite remarque le lendemain !

Pour la première fois depuis un moment, nous avions une cuisine dans l’auberge. On a donc rapidement trouvé notre Mamita à fruits, celle à légumes et celle à graines & avoine. Et on y retournait tous les jours pour pouvoir se préparer de bons dîners pleins de légumes et des petits déjeuners de champions pour profiter des fruits d’ici.

Niveau fruits, il y a de quoi faire !
Et avec ces patates, qu’est-ce que je vous sers ??

On reste sur le thème de la nourriture, mais à Sucre, il y a des chocolateries partout. L’occasion de tester un bon « expresso de chocolat » made in Bolivia : un shot de cacao en tasse… Hmmmmm !

What else ?

Sur les pas des dinosaures

Nous n’avions pas prévu d’aller à Sucre directement après la jungle, mais la date de retour arrivant à grand pas, nous avons dû mettre de côté quelques destinations que l’on nous avait chaudement recommandé et qui nous bottaient bien.  C’est notamment le cas du parc Torotoro, où l’on peut observer de nombreux trésors géologiques : grottes, cascades, mais surtout.. des empreintes de pas de dinosaures ! Le problème c’est que ça nous rajoutait encore de bonnes journées de bus, et nous n’avons clairement plus le temps ni l’envie de courir.

Heureusement, des boliviens nous ont parlé d’un site situé à quelques kilomètres de Sucre et dans lequel nous pouvions également observer ces traces. On fonce donc pour voir à quoi cela ressemble.

Ce que l’on ne savait pas, c’est que le Parc Cretacico, est le plus grand site du monde pour observer des traces de dinosaures. Sur une falaise de 1,5km de long sur 80m de haut, on recense environ 12000 traces de pas de près de 300 espèces !

Le site a été découvert car il est situé en plein milieu d’une cimenterie. Malheureusement, même si la falaise a été nettoyée par les scientifiques pour pouvoir être correctement observée, la cimenterie est toujours en activité : des camions viennent déverser le contenu de leur benne à quelques dizaines de mètres de la falaise. Pour changer les choses, le site archéologique est en train de postuler à l’UNESCO… on croise les doigts pour eux !

L’entrée du site… quand on vous dit que c’est au milieu de la cimenterie !
Derrière la benne : la falaise pleine de traces
Le pan en « V » qui s’est effondré, laissant apparaître une nouvelle couche, d’une autre époque

Nous avons tout d’abord fait une petite visite guidée du musée, avant de descendre au pied de la falaise. C’est vraiment impressionnant de pouvoir voir ces empreintes datant de 65 millions d’années ! Certains touristes doivent être un peu moins impressionnés que nous, car ça ne les dérange pas de mettre la main ou de s’affaler sur les empreintes… qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour une nouvelle photo Instagram ?

Sacré bête quand même ! (le dinosaure)
Un fossile trouvé en route. D’après le guide, une nageoire de poisson. D’après Baptiste, le maillon manquant de l’évolution humaine.
ça en fait des pas !

Il est temps maintenant de se diriger vers la frontière avec l’Argentine, car il ne nous reste plus qu’une dizaine de jours avant notre avion à Buenos Aires… Papito et Mamita sont tristes de quitter la Bolivie, mais l’appel du fromage est plus fort que tout :)

3 commentaires sur “Quelques jours dans la jolie ville de Sucre

  1. Un beau voyage quand même !
    L’actuelle falaise était à l’horizontale il y a des miliers d’années ?
    Vous rentrez en France quel jour exactement !?
    A bientôt !

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